Depuis quelque temps il me trotte une idée dans la tête c’est que les tenants du pouvoir capitaliste essayent de nous insinuer que la pauvreté ou des conditions précaires sont des états naturels
comme par exemple le handicap physique ou une maladie. Ils veulent que cela soit considéré comme une fatalité. Le chômage les inégalités sont le résultat de politiques sociales et
économiques organisées par l’homme. L’organisation des sociétés humaines est le fruit de choix d’hommes ou de femmes et non de lois supra humaines ressemblant à une loterie universelle. Je
crois que malheureusement le concept de la lutte des classes a été galvaudé par le fiasco des pays de l’est, et le discours des démagogues tenants du pouvoir économique veulent insinuer qu’il a une
part d’irrationalité. Il a toujours était plus facile de sombrer dans l’irrationalité que d’avoir une explication objective et des solutions qui s’appuient sur la science et la technique. Je crois
qu’il faut tout reprendre en expliquant que la politique c’est avant tout la science de l’organisation de la vie de la cité et du vivre ensemble dépendant de tous et du tout. Pour moi il a
collusion entre les réactionnaires idéologique nostalgique des temps où on était gouvernés par des forces obscurantismes incarnés par des hommes évidemment et les partisans de la main invisible le
libéralisme ou le capitalisme. Bien sur cette entente elle est informelle cette connivence ne pas tenir objectivement. L’objectif de cette alliance et d’introduire la confusion : exemple Les
traders qui manipules de grosse somme d’argent qui était des outils de couvertures arrivent plus avoir les pieds sur terre au risque même de perdre leur propre emploi ne plus qu’elles peuvent
être les conséquences de leurs actes. A l’autre bout de la chaîne l’ouvrier qui perd son emploi n’en perçoit par les causes exactes et sombre dans l’irrationalité et la fatalité. Les deux camps ont
gagné la partie l’un pour récupérer leur pourvoir sur la société, résurgence des religions et l’autre accumule des gains compulsivement à ne plus savoir qu’en faire. La boucle est bouclée le
terreaux toutes les misères sont prés à fertiliser les terrains de l’injustice. Je pense qu’il ne faut plus dire « il faut interdire les licenciements » mais expliquer pour il y a des
licenciements, c’est plus long et c’est plus compliquer. Pour illustrer l’entente informelle penser à BUSCH et BEL ADEN. Elle a était formidable et pourtant c’est deux stratégies
différentes l’un c’est un tenant du pétrole proche des créationniste et l’autre il vient d’une famille pétrolière riche et musulman intégriste du bien que ce sont
touts les deux des fortunés et des illuminées. Il faut reconquérir la pensée positive et la diffuser. Il faut que les intellectuels se remettent au travail. Il faut dénaturaliser la pauvreté la
précarisation ce n’est pas un tremblement de terre c’est une organisation humaine sur laquelle nous influer.
Maintenant politiquement je pense que nous sommes dans cloaque. La droite ne peut pas renoncer au créneau de la croissance. Et la gauche devant l’ampleur des désastres avenir peine à faire la
synthèse entre les différentes urgences du moment. Il faut faire admettre des choses trop contraignantes à la population, lutter contre les idées reçues et les intérêts particuliers et les modes de
consommations et leur grande entreprise les loobie Cela demande travail titanesque, Et ce n’est une surprise et j’en suis profondément désolé mais moi-même je n’ai rien à proposer. A
suivre
Jean-Marc LAVILLAUREIX
À Ballon Rouge, il est coutumier de ne pas réagir publiquement à ce qui est publié. Les réactions se font habituellement en privé et
obèrent alors un débat parfois indispensable. Par exemples : il n'a pratiquement jamais été discuté du fond des articles du journal, il n'y a aucun retour sur les demandes de mettre en pratique
des décisions prises en assemblée générale, les rares points de vue diffusés, en particulier par le biais du site ou de mails, sont rarement accompagnés de débats, de réponses.
Je le regrette.
Nous avons aujourd'hui une mouture rénovée du point de vue d'Yves, « L'adversaire principal ! ». Voici donc mes réflexions en souhaitant qu'elles servent à quelque chose.
D'abord, des remarques au fil de ma lecture :
-Je pense sincèrement qu'il n'existe que deux « blocs idéologiques » (d'un point de vue marxiste) : celui qui défend le capital parce
que cela correspond à ses intérêts et/ou parce que cela lui apparaît comme indépassable et celui qui combat le capital, dans l'intérêt de ceux qui souffrent de sa domination, et qui œuvre à sa destruction. Les forces qui chercheraient un « équilibre chimérique » ne sont
pas entre les deux, elles participent à la domination du capital parce qu'elles renforcent l'idée de son caractère soi-disant indestructible et s'opposent à son éradication. Ceci n'enlève rien
aux initiatives humanitaires, aux postures humanistes, totalement respectables, même si elles peuvent être, éventuellement, inconséquentes.
-« La crise de la social-démocratie » n'a rien d'actuel, elle date de la fin de la IV° République et plus généralement de la fin des « Trente glorieuses ». Pour autant le
personnel politique de la social-démocratie a su s'adapter dès 1965 aux nouvelles donnes de la V°, puis au crédo néolibéral, dès 1983. Si elle n'a plus de figure aujourd'hui, c'est uniquement
parce que les masques sont tombés. Qui de DSK ou de Sarkozy a le carnet d'adresses le plus épais ? « Le PS reste un moindre mal » ? Rama Yade est moins pire que Besson ou Hortefeux ?
-Le Modem s'oppose au président, mais se trouve bien dans le bloc « qui défend la suprématie du Capital sur le Travail ». De plus, je ne pense pas qu'il souffre d'être traité de force
de droite car il s'y reconnaît.
-Les différents courants écologistes ont des objectifs distincts, mais l'urgence écologique est largement partagée. Pour autant, si tout le monde est touché, ce n'est pas du tout de la même
manière : ce sont les plus pauvres qui souffrent de la mal-bouffe, de la pollution (en particulier dans les pays du tiers monde) et les plus riches qui en sont responsables. Il me paraît donc
difficile de mener une « stratégie de front uni » entre pollueurs et pollués. Europe écologie semble se situer sur ce terrain, celui du développement durable qui consiste à perpétuer le
système capitaliste en régulant ses effets dévastateurs pour la planète (afin de durer, justement).
-Les élections régionales sont peu de choses au regard de ce qui se joue, mais l'opposition au caractère réactionnaire et répressif du pouvoir est nécessaire. Encore faut-il savoir qui va mener
cette opposition et avec quels moyens, quelle politique. L'œcuménisme, qui anime Yves dans une attitude tactique, exige un débat pratique, en relation avec ce qui se met en place concrètement.
Pour ma part, je n'ai pas de recette de cuisine électorale, mais quelques idées à débattre.
Une toute petite minorité tient entre ses mains le pouvoir économique et politique (environ 100 000 personnes) et en reçoit des avantages conséquents. Cette minorité impose aisément sa loi à une
immense majorité au moyen de la démocratie représentative. Le mouvement ouvrier bureaucratisé s'y est adapté depuis longtemps et a produit un personnel politique, clone de celui des grandes
sociétés capitalistes. Cette technostructure 1, de plus en plus interchangeable, gère la vie de la société, tantôt au sein des grandes entreprises, tantôt sous les ors de la
République, au mieux des intérêts des possédants. Pourtant, les intérêts du plus grand nombre 2, avec des contradictions multiples, sont profondément antagoniques à ce que ces
décideurs lui imposent. L'incrédulité qui préside à un éventuel changement de système économique (surtout après l'échec du « socialisme réel ») et la peur panique devant l'inconnu font
qu'il est extrêmement difficile d'inverser le rapport de force aujourd'hui.
Le point de vue d'Yves tente, ponctuellement, de répondre à cette contradiction par une alliance politicienne entre des partis qui s'opposent au président et en partie à sa politique. Cela
n'offre aucune perspective d'avenir et est voué à l'échec (sauf miracle).
Je pense qu'il n'est pas possible de faire l'impasse de la fondation d'une force politique internationale dont l'objectif sera d'abattre le capitalisme. Cette fondation ne se fera qu'au travers
des expériences de lutte des salariés et de la construction d'une stratégie révolutionnaire crédible pour une part importante des travailleurs car adaptée aux conditions politiques et sociales.
Le NPA 3 se propose de préfigurer cette organisation. C'est tout à son honneur et la pratique de ses militants est tout à fait respectable. Néanmoins un long chemin sera nécessaire
pour y arriver car la confusion qui règne actuellement est immense. Certes, le capitalisme rencontre de réelles difficultés : la crise que nous vivons est systémique, la poursuite du
développement du capitalisme est remise en cause du fait de son caractère prédateur et destructeur. Pourtant, le rapport de force reste très défavorable aux travailleurs : la solidarité, la
conscience de classe se sont dissoutes dans l'individualisme produit par la mutation néolibérale du capitalisme financier ; la collusion des classes politiques est flagrante et. les
organisations, qui paraissaient représenter les travailleurs et les défendre, en voie d'intégration et de disparition.
S'il est indispensable de gagner une majorité importante, il est illusoire de croire que le rassemblement des forces politiques actuelles de « gauche » peut en être l'instrument.
Celles-ci ont définitivement failli. La situation est comparable à celles qui ont suivi les plus grands échecs du mouvement ouvrier, à la différence qu'aujourd'hui la question de la renaissance
du mouvement d'émancipation se pose au niveau mondial.
Alors, comme dirait l'autre : Que faire ?
Il existe un nombre important de militants, d'anciens militants, de jeunes en attente. Une partie se mobilise dans une résistance aux attaques du pouvoir, aux catastrophes sociales qui se
multiplient. Leur volonté d'unité dans l'action est exemplaire et très largement partagée, reconnue à l'intérieur des organisations constituées. Il manque un catalyseur. Il ne se trouvera pas
dans les campagnes électorales ni dans les accords de circonstance. Par contre, il me semble indispensable de mener chaque action dans l'unité au moyen d'organisations autonomes créées par les
personnes en lutte.
Concrètement, pour ces élections régionales, les jeux sont faits et je ne crois pas à une forte mobilisation populaire à cette occasion. Le « tout, sauf l'UMP » se fera peut-être, mais
ajoutera à la confusion. C'est pourquoi, je ne suis pas d'accord avec le souhait d'Yves.
Je suis intimement convaincu qu'un événement probable, mais imprévisible, viendra remettre en question violemment le pouvoir sarkozyste, au minimum.
Michel Bonnard
1 C'est bien ancien : Max Weber en parlait déjà. C'est sous la V° République que ce groupe a commencé à être recruté à la sortie des grandes écoles.
2 Il suffit de voir les difficultés des petits paysans, des petits commerçants et artisans qui subsistent encore et, bien sûr des salariés pauvres, des chômeurs,
etc.
3 La dénomination d'un groupe n'est pas innocent : il me semble significatif de comparer les vocables « Ligue Communiste Révolutionnaire » et
« Nouveau Parti Anticapitaliste ». La charge des mots est flagrante.
1- Dans les pays capitalistes développés existent trois grands blocs idéologiques.
üCelui qui défend la
suprématie du Capital sur le Travail. C’est la droite traditionnelle, avec sa variante fasciste prête à l’utilisation
ouverte de la violence pour atteindre les mêmes buts.
<!- üLe camp adverse milite pour la domination
du Travail sur le Capital. Ce camp révolutionnaire préconise de changer profondément les règles du jeu de cette société
non amendable. üEntres les deux camps ennemis, se situent les forces intermédiaires.
Diverses, concurrentes, elles cherchent un équilibre chimérique entre des pôles antagonistes argumentant qu’un processus de réformes permettrait de réguler la relation Capital/Travail.
C’est dans cet espace, qu’évoluent la social-démocratie et la démocratie chrétienne.
L’enjeu pour la mouvance luttant en faveur de la transformation de la société est clair : essayer de neutraliser les forces
intermédiaires ou les gagner, en passant des compromis, des alliances acceptables, pour les couper du camp adverse. Les groupes politiques au pouvoir, nourris et protégés par les grands
intérêts capitalistes demeurent l’ennemi principal. Ils sont en France identifiés essentiellement sous la bannière de Sarkozy.
Cette stratégie ne doit créer aucune illusion sur l’idéologie des forces intermédiaires. Elles sont fragiles, fluctuant d’un
camp à l’autre en fonction des rapports de forces. On ne peut leur réclamer ce dont elles ne sont pas capables, affronter le système en place. Par contre elles occupent un
espace essentiel dans la vie institutionnelle qu’il est impossible d’occulter.
2- La crise actuelle de la social-démocratie n’est pas une spécificité locale.
C’est un phénomène global, international.
Tout cela résulte d’une situation historique où le rapport des forces n’impose plus, au moins provisoirement, à la classe dominante de chercher un appui sur les forces intermédiaires.
La machine à broyer écrase aussi bien les courants se réclamant du mouvement ouvrier que les forces intermédiaires et la social-démocratie.
L’effondrement du PS, ses divisions en écuries électorales, affaiblissent le combat des forces démocratiques et progressistes.
Le pouvoir y trouve son compte. Sarkozy avec succès s’acharne à affaiblir et diviser ce parti.
Les relations avec la social-démocratie dans la période actuelle se fondent sur quatre éléments :
üüElle ne crée plus depuis longtemps d’illusions dans la classe ouvrière. Ceux qui
tirent avec acharnement sur l’ambulance rappellent des libre- penseurs qui n’arrivent jamais à régler leurs comptes avec la religion.
üüElle n’est pas un obstacle au développement des idées et des
forces révolutionnaires.
üSon
effondrement n’a pour l’instant bénéficié à aucun courant politique.
üet, facteur essentiel, dans le combat très défensif d’aujourd’hui, le PS reste un MOINDRE MAL face à Sarkozy et à
la droite au pouvoir.
3- Le MODEM et la démocratie chrétienne veulent occuper le vide laissé par le PS.
Cela les conduit à des prises de position franchement hostiles au gouvernement. Faut-il les renvoyer dans le camp adverse en les traitant de forces de droite ? ou faut-il,
en étant réaliste, trouver les compromis adaptés ?
4- Se pose aussi la relation au courant écologiste et en premier lieu aux
VERTS.
Ils dénoncent les inégalités sociales. Ils les soumettent aux grandes urgences écologiques. Ils cherchent un cheminement entre la critique du capitalisme et le rejet du
productivisme.
Le centre de leur combat dépasse largement les frontières des classes sociales. La classe ouvrière n’est pas seule concernée par la crise écologique. Les couches les plus
diverses y portent attention, la majorité de la population est partie prenante.
La lutte pour l’écologie exige donc une stratégie de FRONT UNI entre groupes sociaux différents. Tout cela doit avoir
une traduction électorale où la recherche de compromis s’impose.
5– A l’approche des régionales, les préoccupations de groupe n’épargnent personne,
souvent au détriment des intérêts collectifs. Se présenter isolé à ce type de scrutin est périlleux. Donc, on peut espérer du bon sens, pour empêcher au 1er tour un émiettement des
listes qui serait très préjudiciable aux courants de résistance.
Pour le second tour, en trouvant un minimum de dénominateurs communs, allier le PS, parfois le MODEM, les VERTS, le PC, le
Parti de Gauche, le NPA, les Alternatifs, la Fédération etc… n’oblige personne à se renier. Et s’investir dans les exécutifs régionaux est une ouverture, n’a rien de définitif,
et ne doit pas être un acte de division avec ceux qui s’y refusent.
Malgré son état de délabrement, le PS demeure très influent dans les collectivités territoriales, même s’il
n’a pas été capable de faire de ces structures des points de résistance. Dans le contexte actuel, il reste pourtant un point d’appui électoral pour faire barrage aux forces sarkozystes et calmer
leurs ardeurs ultra-réactionnaires. C’est un aspect primordial de ces élections. Les forces prônant l’alternative à cette société d’oppression ont intérêt à y contribuer.
L'action syndicale ne répond pas aux attentes des collègues et surtout ne contre pas les mauvais coups du pouvoir. Je sais, c'est difficile. Mais, pour commencer, il
faut changer les orientations qui prévalent depuis des lustres. Dans le contexte actuel de crispation sociale et d'aliénation des libertés publiques et individuelles et, plus généralement, des
droits sociaux et politiques, la stratégie, certes unitaire, des centrales, qui ont appelé au 29 janvier, au 19 mars et au 1er mai, a pour seule ambition de canaliser les colères qui montent et
de jouer la montre.
Dans l'éducation, les luttes ont été menées en désordre, les unes à part des autres, les unes après les autres, en
absence de position offensive du syndicat. Faute de réponse collective satisfaisante, certains enseignants ont pratiqué la désobéissance civile en refusant l'aide personnalisée. Les collègues se
sont fortement mobilisés pour la défense des RASED, contre les menaces sur les maternelles, pour la formation dans les IUFM, contre la loi LRU-Pécresse à l'université. La FSU, unitaire par
ailleurs, n'a pas su ou voulu unifier ces luttes, le SNUipp , à son niveau, non plus.
Le rôle du syndicalisme n'est pas d'accompagner les régressions sociales. Qu'il tente d'en atténuer les aspects les
plus violents ne l'exonère pas de mener des luttes pour de nouvelles conquêtes. Aujourd'hui, le capitalisme est entré dans de grandes difficultés, d'où la politique répressive du gouvernement.
Des incertitudes, des misères et des colères travaillent la société, sans perspectives immédiatement crédibles. De fait, la tâche de fédérer revient au syndicalisme. Il doit agir pour aider à
formuler les attentes, à faciliter les convergences et à organiser concrètement les luttes. Le LKP a rempli ces rôles et a réussi ainsi à imposer un rapport de forces en faveur des travailleurs
antillais. Pour cela, il faut en avoir l'envie.
Les questions, qui devraient animer le congrès, sont les suivantes :
Contre le démantèlement de l'éducation nationale : Quels mots d'ordre unificateurs et quelles structures de lutte faut-il créer pour rassembler enseignants, parents et étudiants, de la maternelle
à l'université ?
Contre la politique du gouvernement : Comment relier les revendications des salariés du public et du privé et comment créer et animer des lieux ouverts aux syndicats, aux associations, aux partis
politiques, aux citoyens pour organiser les luttes et les unifier ?
Le président Sarkozy a lancé 55 réformes en état de marche. Si elles ne sont pas achevées, parfois non appliquées, elles ont l'ambition de transformer de façon irréversible le paysage social
et même la nature de la Vième République.
Il en résulte une surchauffe législative qui irrite jusqu'à ses propres élus alors même que les lois votées sont loin d'être mises en œuvre. En effet, d'après le bilan des lois publié par le
Sénat en septembre 2008, 65 lois parues au JO depuis juin 2007 restent partiellement ou totalement inappliquées avec un taux d'application de 32,4 %.
L'activisme présidentiel est porté par une pratique de communication qui répond aux faits divers les plus marquants par une nouvelle proposition de loi (assassinat de deux infirmières
psychiatriques, accident de manège, chiens dangereux, etc.)
Il n'empêche que le Parlement légifère et les ministres réagissent aux injonctions présidentielles à tour de bras dans tous les domaines avec une vision politique qui consiste à se rapprocher
le plus vite possible du modèle anglo-saxon néolibéral. Pour simplifier, il s'agit de réduire la capacité d'intervention de l'État par une diminution des effectifs de fonctionnaires et une
privatisation des services publics, d'organiser la précarité pour les travailleurs du privé et les chômeurs, d'imposer le principe d'assurance en opposition au principe de solidarité défini par
la sécurité sociale et, afin de contenir la colère de la masse des perdants de cette politique, de mener une politique liberticide et de créer des boucs émissaires.
Pour se remémorer toutes ces dispositions , nous allons citer:
La Révision Généraledes Politique Publiques.
Puis, les mesures aggravant la précarité des travailleurs, des chômeurs et des retraités.
Ensuite, les lois prises pour limiter les liberté individuelles et collectives.
Un chapitre sur lequel j'ai fait l'impasse : la politique de l'environnement.
Le soutien toujours plus important aux classes privilégiées.
La politique étrangère.
Enfin, les deux réformes constitutionnelles.
Pourtant, aussi bien dans l'éducation que dans la justice, la santé, pour la défense des services publics, ou encore, dans le privé, contre le chômage et les délocalisations, les luttes se
multiplient et se radicalisent. En Guadeloupe et Martinique, elles se sont généralisées, offrant un modèle d'unité, de combattivité et de détermination.
1 La Révision Générale des politiques Publiques
La doctrine qui prévaut est la suivante : Une coupe claire dans les effectifs par le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite (35 000 suppressions par an),
l'introduction de critères de rentabilité, un management calqué sur celui des entreprises privées et dépendant intimement du pouvoir politique.
A-L'exemple de la
santé :
Le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale permet au directeur de la Sécurité sociale de modifier de façon unilatérale le tarif des actes, d'engager le remboursement variable
en fonction du Service Médical Rendu, de soumettre les hôpitaux à des objectifs de dépenses non liés aux besoins sociaux, etc.
La loi « Hôpital, Patients, Santé, Territoires » oblige une complémentarité du public, du privé à but non lucratif et du privé en concurrence libre et non faussée, contrats présentés
par le directeur de l'Agence Régionale de Santé nommé en Conseil des ministres. Les hôpitaux devenus Établissements Publics Sanitaires seront dirigés, après suppression du Conseil
d'administration, par un véritable « patron »
Les médecins hospitaliers seront rémunérés avec une partie variable allant jusqu'à 70% pendant que des centaines d'hôpitaux de proximité ferment et qu'il est programmé 20 000 suppressions
d'emplois.
B-Pour l'éducation
:
Pour la loi Pécresse, le schéma est le même avec des Présidents d'université ayant les pleins pouvoirs de recrutement, d'orientation de la recherche et de l'enseignement, soumis à des
critères de rentabilité dans le cadre d'une autonomie financière dépendant d'un bassin économique local et de l'équilibre des comptes.
Dans le premier et second degré les suppressions de postes entraînent une diminution de l'offre éducative. Deux heures de moins par semaine dans le premier degré, soit 7,7% ; la remise en
cause de l'accueil des enfants de deux ans dans la perspective de transférer l'accueil en maternelle dans des maisons enfantines. Dans le second degré, le projet Darcos, repoussé en 2010
est de créer des options diverses camouflant la diminution des horaires de cours. Dans les lycées professionnels, le bac pro se fera en trois ans au lieu de quatre.
Moins d'enseignants égale moins d'éducation.
La suppression des RASED permet déjà de récupérer 1.500 postes cette année, et la suppression des IUFM combinée aux changements dans la formation permettraient d'économiser 10 000 postes
budgétaires, dont 3.000 postes en moins au concours de recrutement. En tout ce sont 14 000 postes qui disparaissent dans l'éducation.
La politique de réduction des effectifs et de rentabilisation, au détriment des services rendus, se poursuit dans tous les ministères : regroupement des agents des Impôts et du Trésor avec baisse
des effectifs, suppressions de centaines de tribunaux, fermetures d'ambassades et de consulats, réductions des maigres subventions aux activités culturelles soumises à des critères de
rentabilité, etc.
Si cela ne fait pas vraiment de peine il y a aussi la diminution des effectifs policiers et militaires .
2 Des travailleurs toujours plus précaires
Indépendamment du fait que 75 % des embauches se font suivant des statuts précaires (intérimaires, CDD, temps partiels, stagiaires perpétuels), les nouvelles dispositions légales remettent en
cause l'ensemble des acquis issus des luttes passées, restreignant les droits, imposant des contraintes plus importantes aux salariés, abaissant leur revenu.
A-La réforme du Code du travail :
Elle a commencé en 2004 sous l'impulsion de Gérard Larcher. Le Code du travail validé le 17 janvier 2008 par le Conseil constitutionnel, est entré en vigueur le 1er mai 2008.
Cette « recodification » a redécoupé tous les anciens articles, les a renumérotés, ce qui remet en cause la jurisprudence. Cinq cents lois ont été déclassées en décrets modifiables à
l'avenir sans passer devant le Parlement. Il est dit que « le plan de la partie législative doit se penser dans la perspective de la partie réglementaire et des réformes à intégrer
dans les prochaines années » dans l'objectif « d'accueillir de nouvelles dispositions en référence au droit communautaire. »
Il s'agit d'avoir moins de contrôle, moins de droit pénal du travail, moins de droit syndical. Le Code prévoit l'éclatement statutaire des salariés (envoi de catégories entières de
salariés vers d'autres Codes : agriculteurs, assistants maternels, éducateurs, mineurs, salariés des transports, d'EDF et GDF, salariés de la Fonction publique, etc.).
Cet éclatement des statuts tend à rendre caduques les relations contractuelles salariales pour passer du contrat collectif au contrat de gré à gré.
En matière de santé, d'hygiène et de sécurité, le Code définissait ainsi des obligations, des contreparties au « lien de subordination juridique permanent à l'égard de
l'employeur ». Le nouveau Code crée un chapitre « Obligations des salariés » symétrique du chapitre « Obligations des employeurs ».
B-La loi en faveur du Travail, de l'Emploi et du Pouvoir d'Achat (TEPA, 21-08-07) :
Cette loi instaure
- l'exonération de toute charge fiscale et sociale des heures supplémentaires ;
- un statut simplifié pour les entrepreneurs individuels ;
- un « contrat à durée déterminée pour la réalisation d'un projet » défini à titre expérimental. Il permettra à une entreprise d'embaucher pour une durée de 18 à 36 mois un ingénieur ou
un cadre afin de réaliser un projet ;
- la suppression de l'autorisation administrative pour dépasser le contingent d'heures supplémentaires ;
- la priorité donnée à l'accord d'entreprise sur les autres niveaux de négociation pour l'organisation du temps de travail.
Il s'ajoute la proposition de loi de Richard Maillé visant à permettre aux salariés qui le souhaitent de travailler le dimanche.
C-La loi de modernisation
du travail(mars 2008) :
- allonge la durée de la période d'essai à l'embauche (pour un ouvrier : deux mois contre 15 jours ; pour une maîtrise : trois mois contre deux mois ; pour un cadre : quatre mois contre
trois), renouvelable une fois ;
- crée la rupture par consentement des deux parties. Elle se fait sans motif (donc pas de recours aux prud'hommes une fois signée : si le salarié veut y aller, il doit en informer
l'employeur au préalable et prendre le risque de subir des pressions). Le délai imposé à la direction du travail pour homologation est dérisoire et l'indemnité, dans ces conditions, sera de
toutes façons minorée. Enfin, le solde de tout compte est libératoire au bout de six mois au lieu de cinq ans ;
- la loi légalise le portage salarial. Il s'agit d'une relation triangulaire entre une entreprise de portage, le salarié et des entreprises clientes. Le salarié prend le risque d'un
entrepreneur en cherchant sa clientèle alors qu'il doit céder une partie de sa rémunération à la société de portage qui le salarie ;
- Remet en cause la dispense de recherche active d'emploi pour les chômeurs de plus de 55 ans ou 57,5 ans ;
- redéfinit l'offre raisonnable d'emploi déterminé par le Projet Personnalisé d'Accès à l'Emploi. C'est celle que le chômeur ne pourra refuser plus de deux fois sous peine de radiation.
Tous les trois mois le PPAE sera réactualisé. Par exemple, au bout d'un an, la rémunération devrait être au moins à la hauteur du revenu de remplacement dans une zone située au plus à une heure
de transports en commun ou encore à moins de 30 kilomètres du domicile.
Par contre le complément de salaire en cas de maladie est obtenu au bout d'un an au lieu de trois ; l'indemnité de licenciement est 1/5 de mois par année d'ancienneté au lieu de
1/10 exigible au bout d'une année de travail au lieu de deux ; le CNE est transformé en CDI.
D-L'indemnisation du
chômage :
Actuellement, 3 500 000 chômeurs sont inscrits au Pôle de l'Emploi, dont 2 500 000 de catégorie A et un million à activité réduite.
La CFE-CGC et la CFDT ont signé le protocole. Il précise une baisse des cotisations patronales. La création de la filière unique (Pôle de l'Emploi réunissant ANPE et ASSEDIC) relève
de trois principes : la durée d'affiliation ouvrant droit à l'indemnisation serait de cinq mois ; la durée d'indemnisation serait égale à 90 % de la durée d'affiliation alors qu'actuellement ,
pour certaines filières, elle est supérieure à la durée d'affiliation ; la durée maximale serait de 22 mois contre 23, sauf pour les plus de 50 ans pour qui la durée serait de 36 mois. Concernant
le cumul indemnité et activité réduite, la durée serait de six mois contre 15 pour les moins de 50 ans et 18 mois pour les plus de 50 ans.
Cela exclurait entre 180 000 et 300 000 personnes de l'indemnisation du chômage.
E-Les
retraitésmaltraitées :
La réforme des régimes spéciaux a allongé la durée de cotisation à 40 ans pour obtenir une retraite à taux plein en 2012 avant de subir un prochain alignement. Pour tous les autres
la durée de leurs cotisations est passée de 40 à 41 ans d'ici 2012 pour une retraite à taux plein, sachant que les conditions de départ à la retraite seront de nouveau aggravées à ce
moment là.
La loi de financement de la sécurité sociale libéralise le cumul emploi-retraite pour les assurés ayant une carrière complète, reporte à 70 ans l'âge des mises à la retraite d'office et améliore
la surcote à 5% par an.
Les avantages familiaux représentent 25 % des dépenses de retraite. Dans le public, les pensions de réversion sont menacées, sous conditions de ressources. La femme étant l'égale de
l'homme, les avantages familiaux sont également dans la ligne de mire : les 10% de bonification à partir du troisième enfant seraient remplacés par une somme forfaitaire et , dans le privé, les
deux années de bonification par enfant, pour les femmes, seraient ramenées à une seule.
Une autre difficulté est en vue : la prise en charge de la dépendance garantie par une caisse autonome, dite du cinquième risque, dont le financement serait supportée par les retraités.
Enfin, au mépris de la loi Fillon de 2003, la revalorisation des retraites indexées sur le coût de la vie est scandaleusement sous-estimée, effectuée en retard alors qu'un million de
retraités vivent avec moins de 817 € par mois, le seuil de pauvreté. Cette année, une revalorisation de 1% a été effectuée le 1er avril au lieu du 1er janvier comme la loi
l'exige.
F-La politique du
logement :
La multiplication des travailleurs pauvres pose le problème du logement de façon encore plus aiguë dans la période de spéculation immobilière que nous avons connu récemment. De fait,
100.000 personnes se trouvent sans domiciles fixe, 600.000 sont logées chez des tiers et 2.300.000 se trouvent logées dans des conditions difficiles.
Les mesures prises sont essentiellement démagogiques dont le seul effet est celui d'annonce. Le rapport d'Emmaüs sur l'habitat indigne ne laisse aucune place au doute. Le recentrage du parc HLM
sur sa vocation sociale passe par la baisse de 10% des plafonds des ressources, mais l'obligation à quitter les lieux si les ressources dépassent plus de deux fois le plafond deux ans d'affilée
est assortie d'un délai qui passe de trois ans à six ans pour partir. L'obligation dans les communes d'avoir 20% de logements sociaux est reportée aux calendes grecques. Pendant le même temps, le
recours aux crédits hypothécaires est simplifié (!) et l'accession à la propriété au sein des HLM encouragée.
Les promesses de construire des maisons à 15 € par jour et 120.000 logements HLM n'ont aucune réalité concrète et la généralisation de la distribution du Livret A a pour unique intérêt la
concession d'un avantage important aux banques.
La loi DALO (Droit Au Logement Opposable), est loin de changer quoi que ce soit du fait de ses imprécisions et la lourdeur des procédures qu'elle implique.
Si le dépôt de garantie du locataire a été réduit, le délai accordé pour l'exécution d'une expulsion est ramené de trois ans à un an.
3 Une politique sécuritaire liberticide
Le succès électoral de Sarkozy tient essentiellement à la captation des voix de l'extrême droite. En promouvant des lois augmentant les peines, en réduisant la liberté d'expression et la
liberté de grève, en criminalisant l'action sociale et politique et en organisant la chasse aux immigrés clandestins, boucs émissaires tout désignés, il tente de s'assurer le soutien de la partie
de la population la plus réactionnaire et xénophobe.
Toute une série de lois (sécurité intérieure, prévention de la délinquance) se succèdent :
- la loi « anti-récidive » d'août 2007 requière des peines minimales d'emprisonnement pour les récidivistes de plus de seize ans. Pour toutes les infractions violentes, « l'excuse
de minorité » est écarté ;
- la loi relative à l'irresponsabilité pénale et à la rétention de sûreté prévoit l'enferment dans un centre socio-médico-judiciaire des condamnés ayant fini leur peine et estimés dangereux par
une commission pluridisciplinaire ;
- pour que les victimes soient reconnues et pour mettre fin aux décisions de non-lieu, la loi prévoit qu'en cas d'abolition du discernement d'une personne mise en examen, la chambre d'instruction
rende, en audience publique, un arrêt de déclaration d'irresponsabilité pénale pour trouble mental.
En remettant en cause l'ordonnance de 1945 sur la protection de la jeunesse, en créant des centres fermés pour les mineurs et en autorisant l'emprisonnement à partir de treize ans, c'est bien la
répression qui prévaut sur l'éducation. Le rapport Varinard préconise même l'emprisonnement à partir de 12 ans en matière criminelle et la création d'un tribunal correctionnel pour les 16-18 ans.
Cela va de paire avec la diminution de 40 % des crédits alloués à la protection de l'enfance.
L'annonce faite de la possible suppression du juge d'instruction, qui instruit en principe à charge et à décharge, modifie profondément le droit français en le calquant sur le droit anglo-saxon ,
plus profondément inégalitaire, pour le plus grand bonheur des officines de détectives privés qui applaudissent.
La multiplication des fichiers (base-élève, Edvige), le relevé systématique des empreintes génétiques, la généralisation de la vidéo surveillance posent un réel problème de liberté publique.
Quand on voit la fusion de la Direction de la Surveillance du Territoire avec la Direction Centrale des Renseignements Généraux dans la Direction Centrale du Renseignement Intérieur (DCRI) afin
de regrouper tous les renseignements et fichiers, « 1984 » n'est plus très éloigné. Sans compter le projet, dans le plan militaire, de protéger les lieux abritant un
« secret défense » comme Dassault, Areva, EADS où les juges n'auraient plus accès.
Une justice de plus en plus soumise au pouvoir politique avec de moins en moins de moyens et donc pratiquant de plus en plus une justice d'abattage.
Ces deux dernières années ont connu des inculpations répétées de militants associatifs, syndicaux dont le seul tort était de lutter pour des revendications sociales ou de mener des actions de
solidarité avec des mal-logés ou des sans-papiers.
Ainsi, la Loi de Finance 2009 donne comme objectif chiffré, pour 2010 : 28.000 reconduites à la frontière et 5.500 interpellations
« d’aidants ».
Les sans-papiers sont donc particulièrement victimes de cet acharnement policier et judiciaire. La création du ministère de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du
co-développement et le transfère de la tutelle de l'OFPRA (Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides) à celui-ci ont des conséquences profondément injustes. Les demandes des
réfugiés sont en baisse rapide car massivement refusées. Les conditions de leur défense de plus en plus difficiles. En 2008, sur 42.500 demandes d'asile, seulement 11.461 ont été accordées !
Le but est de limiter l'immigration familiale qui touche aussi bien les couples étrangers que les couples mixtes. Les étrangers de plus de seize ans ainsi que les conjoints étrangers de Français
seront soumis à une évaluation de leur degré de connaissance de la langue française et des valeurs de la République, dans leur pays de résidence. Les conditions de ressources en fonction de la
taille de la famille sont durcies, plafonnées à 1,33 SMIC.
Le recours à des tests ADN a été encadré.
Cette politique du chiffre est la conséquence d'une manipulation politique car la reconduite aux frontière, si elle est inhumaine pour ceux qui la subissent, n'est absolument pas rentable (21.000
€ en moyenne par reconduction). Cette politique découle de l'idée d'une immigration choisie particulièrement néfaste aux pays pauvres et inconséquente pour la France.
La question de la dérive autoritaire est partout présente : la police se sent au-dessus des lois, multiplie les violences, les garde à vue ont doublé l'an passé, touchant 1% de la population
(560.000), la surpopulation carcérale (63.000) provoque une vague de suicides (un tous les trois jours depuis le début de l'année) et le rapport de la commission du Dr Albrand traitant de cette
question est détourné par la Chancellerie.
La refonte de la carte judiciaire s'est faite sans aucune concertation, les réformes de la santé, les réformes dans l'éducation et la recherche : pareil. La main-mise du
pouvoir sur l'audiovisuel public est scandaleuse, tout autant que les cadeaux faits à l'audiovisuel privé acquis au gouvernement. Les nominations, le fait du Prince. Les petits égarements, aussi
bien au Mexique qu'au Fouquet's ou au salon de l'agriculture entre autres, sont significatifs d'une présidence qui se coule dans le moule d'une République bananière. Sarkozy n'a-t-il pas la
banane ?.
La volonté de contrôle étatique de la société existe également vis à vis des mouvements sociaux :
- dans les transports terrestres un système d'alerte ouvrant des négociations est censé éviter le déclenchement d'une grève et un service minimum est instauré ;
- dans l'éducation, les mêmes dispositions sont en vigueur : l'obligation de négocier au préalable a pour conséquence de reporter la grève de 10 jours après le préavis et d'empêcher de la
reconduire. Le service minium d'accueil décrété dans le premier degré se heurte aux difficultés des maires pour sa mise en pratique. L'acharnement à retirer une journée de salaire aux enseignants
qui refusent de faire l'aide personnalisée (retrait de salaire de 500 à 900 € à la fin du mois) est significatif du durcissement des rapports sociaux.
4 Du Grenelle de l'environnement
La farce écologique du Grenelle de l'environnement, soluble dans la recherche du profit maximum, n'a laissé aucune illusion aux associations qui ont bien voulu s'y prêter : pas un mot sur le
nucléaire ! Depuis, la mise en chantier d'un second réacteur EPR confirme l'orientation traditionnelle qui consiste à développer la demande énergétique de la population au-delà des besoins
responsables.
Faut il rappeler qu'aucune loi qui a été votée à l'heure actuelle, mais seulement un Avant-projet de loi: Engagement national pour
l'environnement qui a été présenté au Conseil des ministres du mercredi 7 janvier 2009. Pour bien comprendre les avancées environnementales et écologiques citons l'article 20 de cet
avant-projet qui ….vise au développement d'un système de péage sans arrêt pour l'utilisation de certaines infrastructures (lire: autoroutes et pour les poids lourds).
5 Des aides pour les plus riches
Pour la classe politique, le moteur de la société est l'entreprise ou, plus simplement, les riches (voir les discours de Sarkozy qui souhaite des riches plus riches pour le bien général). Rien
d'étonnant dans ces conditions que ceux-ci soient l'objet de toute son attention même si, à l'occasion, des patrons sont montrés du doigt : Crise sociale oblige.
Les mesures fiscales sont importantes : allègement des droits de donation et de succession (abattements portés de 50.000 € à 150.000 € par enfants lors de dons ou d'héritages et à 76.000 €
pour des donations entre époux ou pacsés, à 30.000 € pour des cadeaux aux petits enfants) ; pour les plus riches, un bouclier fiscal qui limite le montant cumulé des impôts payés à 50 % de
leurs revenus globaux. Ainsi 834 contribuables ont reçu en moyenne un chèque de 368.000 € de l'État pour trop perçu. Pourtant, la fraude fiscal, les niches fiscales et l'expatriation de capitaux
dans des paradis fiscaux représenté un manque à gagner de l'ordre de 10 %.
Les assujettis à l'Impôt de Solidarité sur la Fortune qui possèdent un patrimoine compris entre 770.000€ et 2.450.000 € ont acquitté en moyenne 1.100 €. Par ailleurs, 40 % des recettes de l'ISF
proviennent de la première tranche et 40 % de la tranche la plus élevée (plus de 16.020.000 €) : les plus riches le sont vraiment. Voir le graphique représentant l'évolution des revenus entre
1998 et 2006.
L'exonération de cotisations sociales pour les heures supplémentaires (quatre milliards par an), si elle renforce le chômage, est tout bénéfice pour les entreprises. La suppression de la taxe
professionnelle sera l'occasion de faire un nouveau cadeau de huit milliards d'euros à celles-ci après les quelques 33 milliards d'exonérations de cotisations patronales.
La future loi de Modernisation de l'Économie (LME) prévoit de nombreuses mesures pour encourager les entrepreneurs : simplifier le droit pénal des affaires, c'est-à-dire protéger les patrons,
réduire les délais de paiement à 60 jours, simplifier le dépôt d'un brevet, etc.
A cela il faut ajouter les mesures présentes en faveur des banques et de la construction automobile qui mobilisent 360 milliards d'euros. A comparer au plan en direction des travailleurs : 2,6
milliards.
6 La politique étrangère en plein virages
La conception « occidentalo-atlantiste » de Sarkozy, en rupture avec les pratiques issues du gaullisme, détermine, non sans incohérences, les choix qu'il fait vis-à-vis de
l'OTAN, du conflit israëlo-arabe, de l'Iran, de la Géorgie, de l'Afghanistan. Elle se conjugue avec une conception affairiste des rapports diplomatiques. Se confrontant à d'autres politiques
d'État ses actions ont été souvent contrecarrées.
Les décisions de politique extérieure, traditionnellement « domaine réservé » du président, atteignent le champ du ridicule lorsque Sarkozy reçoit Kadhafi ou encore s'exercent à
contre-temps lorsqu'il augmente le contingent militaire en Afghanistan, en dépit des mises en garde des milieux du renseignement.
Le ralliement à l'OTAN découle de sa vision du monde dans le cadre du « choc des civilisations » qu'il prétend pourtant rejeter. Son engagement contre le terrorisme en Afghanistan en
est l'illustration. Le changement de cap opéré par Obama désavoue cette attitude.
Sa déclaration très dure vis-à-vis de l'Iran en 2007 : « la bombe iranienne ou le bombardement de l'Iran » a été mal reçue ,non seulement en Iran, mais même aux USA. Sa
tentative de pousser l'Europe sur ces positions n'a pas réussi.
A propos du Liban, en rupture avec la politique de Chirac, il invite tous les courants libanais (dont le Hezbollah) sans pouvoir régler la question de la présidence libanaise. Ce que fera le
Qatar. A contrario, il invite Bachar Al-Assad au 14 juillet à côté du premier ministre israélien.
De même, sa visite en Israël est l'occasion pour lui de reprendre la mythologie biblique à son compte, à exprimer sa sympathie pour les souffrances des Israéliens, à condamner le Hamas et ne pas
dire un mot de l'occupation, des souffrances des Palestiniens et de la colonisation.
Il en est résulté un grand désarroi autour du sommet méditerranéen sur la participation de Mme Tzipi Livni et de certains pays arabes. L'Union Pour la Méditerranée, qui représente une de ses
ambitions, demeure un vœux pieux par rapport au processus de Barcelone qui avait permis des investissement au sud, liés hélas à des privatisations. Il n'y aura pas, en l'état,de convergence dans
les niveaux de vie entre la côte sud et la côte nord, d'autant que les accords contre l'immigration suppriment les revenus issus des travailleurs expatriés. Aucun accord politique important est
envisageable en l'absence de règlement du conflit Israélo-palestinien.
Par rapport à l'Afrique, après le période Jean-Marie Bockel qui croyait à la pensée présidentielle soit-disant opposée à la Françafrique, tout est rentré dans l'ordre pour que les affaires
continuent comme avant. Sarkozy durant son voyage, fin mars, s'est fait le commis voyageur de Total, Vinci, Alstom, Lafarge, Bolloré et Areva.
Sa présidence de l'Europe, marquée par le conflit géorgien, si elle lui a permis d'accroitre son activité médiatique, n'a pas eu de résultat tangible sauf sur la question des sans-papiers. La
directive de la honte est véritablement son chef-d'œuvre : 18 mois de mise en rétention, interdiction de 5 ans pour un retour sur le territoire.
Enfin, sa position maladroite et ambiguë sur le Tibet, qui a ulcéré durablement le gouvernement chinois, est un échec personnel.
7 Deux réformes constitutionnelles
Le Parlement a été réuni en Congrès deux fois. La première fois pour lui donner les moyens de ratifier le traité de Lisbonne, la deuxième fois, principalement, pour complaire aux désirs de
modifications du président.
Afin de ratifier le traité de Lisbonne en toute tranquillité, le Parlement a modifié la Constitution en 2007. Il s'est prononcé en 2008 sur de nouvelles modifications permettant au président de
la République de s'exprimer devant le Parlement réuni en Congrès, limitant la durée de la présidence de la République à deux mandats consécutifs, instituant un référendum demandé sur les
questions sociales et environnementales par un cinquième des membres du Parlement, soutenu par un dixième des électeurs inscrits. L'article 11 spécifie : « Les orientations pluriannuelles
des finances publiques sont définies par des lois de programmation. Elles s'inscrivent dans l'objectif d'équilibre des comptes des administrations publiques. » Le gouvernement se doit
d'informer le Parlement de sa décision de faire intervenir les forces armées à l'étranger ; après quatre mois d'intervention, le gouvernement soumet sa prolongation à l'autorisation du Parlement.
Le Conseil supérieur de la magistrature se voit soumis à une plus forte dépendance vis-à-vis du pouvoir exécutif.
8 Un pays en lutte
La volonté non dissimulée de criminaliser les luttes, le recours systématique à la force dans un contexte économique caractérisé par un sauve-qui-peut général où le champ politique est déserté
par l'opposition présentent des risques importants de dérapages violents. Les syndicats jouent les pompiers dans un course de lenteur avec le pouvoir, dans une situation où les travailleurs sont
prêts à réclamer leur dû.
Cinquante mille chômeurs de plus par mois fin 2008, 90.000 par mois début 2009, ce sera un million de chômeurs en plus à la fin de l'année, soit 50 % de plus qu'il y a un an. Pour ceux qui sont
comptabilisés !
La détresse sociale, après une perte continue de pouvoir d'achat et de fragilisation des couvertures sociales, s'exprime massivement contre l'injustice qui règne dans le système capitaliste.
Pourtant, la politique économique néolibérale du pouvoir continue d'avancer imperturbablement, généreuse pour les riches et pingre avec les pauvres.
Aujourd'hui se trouvent face à face les travailleurs de Arcelor Mittal, de Continental, de 3M, de Sony, de Caterpilar, FCI Microconnections, de Conforama, de la FNAC, de l'automobile, etc. et
leurs patrons, parfois dans un bras de fer (grèves, occupations, séquestrations). Pendant ce temps, les dirigeants se gavent de stock-options, de parachutes dorés, de bonus et de
retraites-chapeaux. Au-delà des fraudes fiscales individuelles, les grosses entreprises comme Michelin, Elf et Adidas sont compromises dans des exportations frauduleuses de capitaux.
Le pouvoir n'a pour réponse qu'un décret écran de fumée qui vise seulement les stock-options de huit entreprises aidées par l'État, sans toucher aux retraites-chapeaux (Daniel Bouton -Société
Générale- : une retraite de 730.000 € par an), aux bonus et aux parachutes dorés.
Depuis un an, c'est l'ensemble des groupes sociaux qui sont entrés en résistance : les professionnels du droit, les enseignants, les chercheurs, les lycéens et étudiants, les parents d'élèves,
les travailleurs des entreprises qui délocalisent ou qui ferment, les travailleurs sociaux, les cheminots, l'audiovisuel public, les retraités, même les taxis ou les notaires ! Les manifestations
du 29 janvier et du 19 mars ont été des succès de mobilisation, ces journées ainsi que les mouvements qui se propagent bénéficient d'un soutien massif de la population.
Des formes nouvelles de luttes apparaissent comme le mouvement des « désobéisseurs » à la suite des autres mouvements de désobéissance civile ; d'autres luttes renouent avec les
traditions de l'action directe prônée en 1908 par Emile Pouget telles que l'occupation et la séquestration des cadres.
L'exemple irremplaçable de la grève illimitée en Guadeloupe est à reprendre, à perfectionner. Leur sentiment qu'une situation de même type sur le continent aurait donné des résultats bien plus
rapides est en soi un encouragement.
Nous nous trouvons au milieu d'un quinquennat qui montre sa force de transformation de la société dans le sens d'une plus grande injustice sociale et d'une plus forte précarité pour les plus
faibles de plus en plus nombreux. En même temps, il incarne une politique qui a fait faillite de façon retentissante, peut-être fatale au capitalisme. Les contorsions employées par le chef de
l'État ne trompent personne et, si les hommes du pouvoir réel, c'est-à-dire du pouvoir économique, font profil bas, tout se met en place pour juguler une révolte générale et maintenir les
rapports sociaux dans leur état antérieur.
Le débat est aujourd'hui ouvert, dans la situation de crise profonde que nous vivons, de trouver les solutions qui épargnent le maximum de vies humaines. Il s'agit de lutter contre la
paupérisation d'une masse importante de la population, contre la perte irréparable de notre environnement, contre les tentations agressives qui se feront jour corrélativement à l'accroissement
des difficultés.
Les solutions avancées par la gauche comme par la droite, en Europe et au niveau mondial, ne sont que des cache-misère payés par les sacrifices des travailleurs pour remettre le capitalisme en
selle, purgé de ses groupes les moins solides. Au mieux, elles redonneront artificiellement et provisoirement un peu de pouvoir d'achat gravement amputé durant les trente dernières années aux
travailleurs sur le dos des populations des pays émergents avec des conséquences environnementales toujours plus graves. Au pire, elles seront tentées de détruire une partie importante de la
production par la multiplication des conflits armés.
L'effondrement de l'opposition sociale-libérale n'offre aucune porte de sortie honorable au gouvernement. Sa complaisance sans faille au néolibéralisme la disqualifie et les
« trahisons » multiples de ses plus éminents éléments démontrent mieux qu'un discours sa vacuité mentale.
Les tentatives de recomposition politique à gauche en sont à leurs débuts dans une certaine confusion pour les travailleurs qui ont perdu leurs illusions électoralistes, qui ne militent pas
encore pour une transformation de type révolutionnaire, mais qui luttent contre l'exploitation capitaliste et l'État bourgeois, qui aspirent à de nouvelles valeurs dans une société réellement
démocratique, opposée au profit.
L'intérêt de la lutte du Lyannaj Kont Pwofitasyon à la Guadeloupe se porte sur la forme de son organisation, à savoir un collectif très large qui met en commun des revendications indissociables,
et sur la nature de la lutte, à savoir la mise en avant de la mobilisation de masse et l'obstination. Très concrètement : la réalisation de la grève générale illimitée.
Le manifeste des neuf intellectuels antillais apporte un éclairage actualisé de ce qui peut motiver un tel mouvement. Extraits :
« [.] La force de ce mouvement est d'avoir su organiser sur une même base ce qui jusqu'alors s'était vu disjoint, voire isolé [.] La dynamique du Lyannaj [.]
est d'allier et de rallier, de lier relier et relayer tout ce qui se trouvait désolidarisé [.] Cette grève est donc plus que légitime, et plus que bienfaisante [.] Ce système a confiné nos
existences dans des individuations égoïstes qui vous suppriment tout horizon et vous condamnent à deux misères profondes : être "consommateur" ou bien être "producteur". Le consommateur ne
travaillant que pour consommer ce que produit sa force de travail devenue marchandise [.] Ce mouvement se doit donc de fleurir en vision politique, laquelle devrait ouvrir à une force politique
de renouvellement et de projection apte à nous faire accéder à la responsabilité de nous-mêmes par nous-mêmes et au pouvoir de nous-mêmes sur nous-mêmes. [.] Le déficit en responsabilité crée
amertume, xénophobie, crainte de l'autre, confiance réduite en soi.[.]Et c'est dans la responsabilité que se trouve l'invention, la souplesse, la créativité, la nécessité de trouver des solutions
endogènes praticables. C'est dans la responsabilité que l'échec ou l'impuissance devient un lieu d'expérience véritable et de maturation. [.] La haute nécessité est de tenter tout de suite de
jeter les bases d'une société non économique, où l'idée de développement à croissance continuelle serait écartée au profit de celle d'épanouissement ; où emploi, salaire, consommation et
production serait des lieux de création de soi et de parachèvement de l'humain. [.] Le capitalisme contemporain réduit la part salariale à mesure qu'il augmente sa production et ses profits. Le
chômage est une conséquence directe de la diminution de son besoin de main d'œuvre. Quand il délocalise, ce n'est pas dans la recherche d'une main d'œuvre abondante, mais dans le souci d'un
effondrement plus accéléré de la part salariale. Toute déflation salariale dégage des profits qui vont de suite au grand jeu welto de la finance. Réclamer une augmentation de salaire conséquente
n'est donc en rien illégitime : c'est le début d'une équité qui doit se faire mondiale. [.] Le plein emploi ne sera pas du prosaïque productiviste, mais il s'envisagera dans ce qu'il peut créer
en socialisation, en autoproduction, en temps libre, en temps mort, en ce qu'il pourra permettre de solidarités, de partages, de soutiens aux plus démantelés, de revitalisations écologiques de
notre environnement... »
Entre 1998 et 2006 :
pour 0-90 cad 90 % les moins riches : + 4,4%, revenu moyen 18.500 €
pour 90-100 cad 10 % les plus riches : + 8,7 %, revenu moyen 79.260 €
pour 95-100 cad 5 % les plus riches : + 11,3 %, revenu moyen 104.364 €
pour 99-100 cad 1 % les plus riches : + 19,4 %, revenu moyen 201.423 €
pour 99,9-100 cad les 1 pour milleles plus riches : +32 %, revenu moyen 537.000 €
pour 99,99-100 cad les 1 pour 10 000 les plus riches : + 42 %, revenu moyen 1.499.654 €
« L'action directe, manifestation de la force et de la volonté ouvrières, se matérialise, suivant les
circonstances et le milieu, par des actes qui peuvent être anodins, comme aussi ils peuvent très violents. C'est une question de nécessité, simplement. »
S’appuyant sur le désir de paix, au sortir de la guerre après 1945, les bourgeoisies continentales ont initié la construction européenne. Le projet visait à élargir
un espace économique plus ouvert que les marchés nationaux, mais toujours protégé.
L’Union Européenne est devenue la première puissance économique du monde et un partenaire fluctuant entre la soumission et l’opposition aux U.S.A.
Dans cet immense chantier, l’arrivée de la monnaie unique fut la preuve qu’avec une réelle détermination politique de nombreux obstacles peuvent être surmontés. Mais
cette volonté est très sélective, elle n’existe que pour la défense des intérêts des forces dominantes.
I /Que constatons nous ?
Les crises financière, économique, sociale, écologique très profondes ne peuvent aujourd’hui trouver des réponses globales qu’au niveau européen. L’influence
nationale existe mais elle est secondaire. Ce sont les bourgeoisies qui dirigent le levier national ou européen selon leurs propres besoins et non ceux des populations.
L’Union Européenne est au milieu du gué, offrant un immense marché de libre échange sans aucune vie politique. Tout est entrepris pour freiner l’activation d’une
conscience collective permettant aux travailleurs de s’emparer de l’espace européen pour mieux défendre leurs droits. Pourtant la majorité des décisions les concernant se prennent désormais à
Bruxelles.
La construction de l’Union Européenne est une bombe à retardement pour ses initiateurs. Des centaines de millions de personnes ont aujourd’hui des intérêts de classe
et des revendications identiques contre des adversaires communs. C’est la mise en marche d’une force qui pourrait balayer le capitalisme de notre continent. C’est aussi l’évidence que la rupture
ne peut s’envisager dans un seul pays, mais dans tout l’espace européen.
Désormais le niveau local, national, européen doivent se combiner pour toujours déterminer les cibles à atteindre.
II / Face à cette crise, les velléités protectionnistes nationales aggravent le danger déjà présent avec le dumping social, de mettre en opposition les classes
ouvrières européennes.
Le retour du « FABRIQUER NATIONAL ! » est une devise aux accents xénophobes. Et le « FABRIQUER EUROPEEN » est tout aussi condamnable dans
les relations aux pays pauvres. C’est dans ces eaux troubles qu’essaie de barboter Sarkosy.
Seuls les pays du tiers monde peuvent exiger des mesures de protection pour stimuler le développement national avant de s’ouvrir pas à pas à la globalisation.
La pire forme de protectionnisme est celle qui a institué la libre circulation des marchandises et des capitaux en empêchant celle des personnes du sud vers le nord.
Ce sont des choix criminels, qui vont à l’envers du sens de l’histoire.
Il faut promouvoir une Europe ouverte et plus démocratique qui pourrait contribuer à l’émergence d’un nouvel ordre mondial, en rejetant toutes les formes de
néo-colonialisme.
Des liens d’égalité avec les pays du tiers monde permettront de bousculer la forteresse provocatrice qui s’est édifiée pour se protéger et rejeter les peuples des
pays pauvres qui frappent à la porte.
III
Les élections se pointent et l’Europe redevient d’actualité. Aucun mouvement se disant anticapitaliste, antilibéral ou antiproductiviste n’a la capacité à lui seul de proposer un programme
critique, global et cohérent. Dans le contexte actuel de résistance contre le recul social, l’unité ne nécessite-t-elle pas de réels compromis ?
Une alliance électorale s’impose, sauf si l’esprit de boutique l’emporte. Les forces politiques qui avaient quasi élaboré un véritable programme de gouvernement
avant les présidentielles de 2007 ont fini par butter sur la volonté du PCF et de la LCR d’en découdre électoralement, chacun sous sa bannière.
Pour faire reculer le poids de la crise et des forces dominantes, les revendications électorales immédiates doivent s’articuler autour de la démocratie, des
solidarités, de l’écologie.
En France, ce n’est pas le camp du NON au référendum de 2005 qu’il faut remobiliser.
Il faut s’appuyer sur les forces très diverses qui disent oui à une Europe sauvegardant les droits fondamentaux des couches populaires et qui ont pu avoir des
positions différentes lors de ce référendum.
Il faut donner à ces axes essentiels du contenu.
En clarifiant ces points chacun assumera ses choix et leurs conséquences.
Cette campagne doit être une étape pour construire l’unité au travers de l’Europe. Un choix très symbolique serait de faire émerger une liste supra nationale avec un
programme commun alternatif.
Un rêve pour l’heure qui deviendra réalité un jour. Il faut sortir du nombrilisme national.
Encore faut-il espérer que les forces progressistes en seront à l’initiative.
Plusieurs décennies de contre réformes ont balayé des acquis sociaux arrachés par les générations antérieures. Nous laissons à notre jeunesse une société plus
négative que nous celle que avons connue.
La marche en arrière était présentée comme fatale, involontaire des pouvoirs politiques, le produit d’un monde qui avait beaucoup changé, auquel il faut s’adapter
sous peine de serrer la ceinture plus rudement.
On a vu réapparaître les misères que l’on croyait révolues. Le chômage de masse, la pauvreté se sont banalisés. Les sans droits se sont multipliés. Toute la vie
sociale s’est précarisée. Les inégalités sont devenues « inévitables », avec des riches toujours plus riches et des pauvres plus nombreux.
Le constat est évident : la pseudo démocratie des pays capitalistes dominants n’assure plus les droits élémentaires de la population : savoir, travail,
logement, santé.
Et soudain, le coup de tonnerre !
La crise financière du capitalisme se cumulant avec la crise écologique planétaire, la crise alimentaire dans le tiers monde, a conduit les forces dominantes à
jouer à visage découvert.
Les faillites des banques, la spéculation qui continue frénétiquement, conduisent les gouvernements à trouver des solutions d’urgence pour aider leurs
« maîtres ». Et miracle, des milliards de dollars et d’euros surgissent à ne plus pouvoir tenir le compte. Des milliards de milliards, ça dépasse l’entendement du citoyen moyen. Là où
laborieusement, aligner un milliard d’euro pour s’occuper des plus pauvres avec le RSA, tient du miracle, Sarkosy trouve des centaines de milliards d’euros pour secourir les voyous des casinos.
Pourtant, les caisses publiques sont vides essayait-il de nous convaincre un peu auparavant.
C’est une extraordinaire leçon d’éducation politique.
C’est la preuve que nous sommes trompés, manipulés.
C’est la preuve que seule la loi du profit maximum est le moteur du système, sans tenir compte des conséquences humaines et sociales.
C’est la preuve que la règle du jeu consiste toujours à privatiser les profits et à collectiviser les pertes.
C’est la preuve aussi que les moyens existent pour améliorer les conditions d’existence de toute la population des pays capitalistes et des pays
pauvres.
C’est un AVEU qui peut avoir des conséquences considérables, pour modifier
favorablement le rapport des forces dans la lutte des classes. Bien sûr la Résistance est la tâche essentielle avec la crise sociale qui va s’amplifier. Mais à l’ordre du jour se positionne la
bataille idéologique pour convaincre les masses populaires que sortir du capitalisme prédateur est indispensable pour éviter le chaos, pour le bien de l’humanité. Rien ne sera possible sans la
capacité de définir des alternatives crédibles et mobilisatrices pour changer les règles du jeu aussi bien en France que dans notre espace européen. Prenons garde : les forces obscurantistes
fascisantes vont essayer de manipuler la population en profitant de la déconsidération des forces politiques institutionnelles. L’orage s’annonçait depuis quelques années. Nous y sommes, les
temps changent. Serons nous capables de nous en saisir ?
Dans le cadre de sa recomposition, la LCR prépare la création d’un nouveau parti politique, le N.P.A.
La LCR n’a aucune légitimité, ni idéologique, ni politique, ni dans le bilan de son groupe pour être le noyau d’un nouveau parti ambitionnant de transformer la société capitaliste.
Cela vaut aussi entre autres, pour le regroupement des collectifs antilibéraux.
Par contre la LCR pourrait jouer un rôle moteur dans la mise sur pied d’un mouvement aux formes d’organisation à inventer, capable de gérer les différences, et fédérant très largement toutes les
forces politiques et les militants se réclamant de l’anticapitalisme, de l’antilibéralisme, de l’écologie politique, ou tout simplement qui ont la volonté de s’opposer à ce système d’oppression.
- Organiser et développer des groupes militants offensifs dans la lutte des classes,
- Occuper le terrain politique et idéologique
- Proposer des perspectives, des alternatives mobilisatrices en rupture avec le système dominant.
Voilà un plan de travail unificateur !
Cette étape indispensable dans la pratique collective, contribuerait au processus de fondation du futur parti unifié sur la base de réponses fiables aux questions de notre temps.
Jean-Marc Rouillan, incarcéré depuis 21 ans, a été condamné à une très lourde peine de prison pour son rôle assumé de dirigeant du groupe Action Directe. Ce mouvement considérait que
l’élimination physique, l’exécution de symboles de l’état, contribuerait à élever le niveau de conscience du peuple. Ce fut un échec total. Mais face à la violence permanente que subit la classe
ouvrière, la manière d’y faire face est une réflexion qui ne doit jamais être occultée, quelles que soient les réponses que l’on souhaite y apporter.
Jean-Marc Rouillan et les autres condamnés de son mouvement ont accompli leur peine incompressible. Mais cela n’a pas suffi. Ce n’est pas la justice qui passe pour les sanctionner, c’est la
vengeance des forces dominantes.
Pour justifier cet acharnement, le parquet évoque une notion nouvelle: la repentance !
Mais cet acharnement ne s’applique pas à tous les auteurs de violence politique.
Les tueurs de l’OAS, quelques années après leurs condamnations, ont bénéficié d’une amnistie générale et ont pu reprendre « leurs activités régulières ».
Et que dire de l’affaire du SAC et du carnage d’Auriol. Six personnes avec femmes et enfant ont été massacrées dans le cadre d’un règlement de comptes entre barbouzes dans l’antichambre du
pouvoir. Depuis quelques années, discrètement, les coupables ont été libérés. Sans parler, bien sûr de l’affaire papon…
Deux poids, deux mesures selon que vous défendiez le système ou le combattiez !
J-M Rouillan a accompli sa peine de prison. Il doit être libéré et retrouver ses droits civiques !