Le mouvement progressiste et révolutionnaire est confronté à des obstacles structurels. Il n’est pas question de repeindre les façades d’édifices délabrés pour faire face, ce sont les fondations qu’il faut reconstruire.
Le monde connaît des bouleversements accélérés auxquels nous ne devons pas nous limiter à nous adapter sous le poids des faits. Notre fonction est de les percevoir, de les analyser, de prévoir leurs développements et les prévenir politiquement.
Probablement liés sont la globalisation économique, la mondialisation des échanges et la mort du communisme. L’histoire dira s’il s’agit du communisme ou d’un communisme particulier.
Les partis communistes ont joué un rôle majeur dans le 20ième siècle, ils sont en voie de disparition en laissant un vide. Ce qui naît n’est pas encore apparu.
Nous sommes dans une période de rupture. Nous ne partons pas de zéro. Nous avons les immenses acquis de la mémoire collective des luttes, des victoires, des échecs, des joies et des souffrances des peuples de la planète.
Aujourd’hui une prise de conscience s’effectue :
1) sur l’absence de forces anticapitalistes crédibles et influentes
2) sur le rapport des forces très défavorable dans la lutte des classes, qui crée une situation particulière où le mouvement des masses est toujours sur la défensive.
Dans l’excitation on se met à crier à l’urgence. L’émergence des nouvelles forces politiques du 21ième siècle est un besoin majeur. Mais en constater l’absence ne suffira pas à les faire apparaître d’un coup de baguette magique.
Cela ne s’autoproclame pas. C’est un long processus idéologique, politique, organisationnel, et caractéristique de notre époque la reconstruction sera internationale avec l’Europe comme base d’appui. En partant de la situation réelle, en s’en tenant aux faits, on comprend que ce processus s’accompagne d’étapes intermédiaires incontournables.
Il faut prendre en compte l’état du combat politique social et environnemental et partir des intérêts fondamentaux de notre peuple. Il s’agit de créer un immense front de résistance.
1) pour sauvegarder les acquis sociaux et politiques
2) pour modifier le rapport des forces dans la lutte des classes
3) pour s’engager dans les pratiques communes d’unité à la base et dans l’action.
Il faut lancer un appel qui s’adresse à toutes les forces politiques, syndicales, les associations, les réseaux les plus divers et les nombreux citoyens qui refusent la fatalité d’un système immuable.
Créons partout dans les villes, les quartiers, les entreprises, partout où cela est possible des comités d’unité populaire,des lieux ouverts, (non pas bridés par le vote du non et les 125 propositions des collectifs) mais avec comme dénominateur commun le refus de cette société d’injustice et d’inégalité sociale.
La valorisation du combat collectif rendra sens à la politique. Les collectifs dans leur extrême diversité doivent s’enraciner à la base et gagner de nombreux nouveaux militants pour nous sortir de notre isolement. Les collectifs d’unité populaire n’auront aucun besoin d’être chapeautés par des directions autoproclamées.
Dans un premier temps, la liberté de chaque collectif d’assumer ses choix et l’échange d’expériences enrichiront considérablement la démarche.
Ainsi nous commencerons par ce qui unit et non par ce qui divise.
Pendant ce temps, les forces politiques constituées poursuivront leurs débats sur le bilan et les perspectives de reconstruction politique sans freiner le développement des collectifs.
Cela s’appelle marcher sur ses deux jambes. Construire un front de résistance et préparer la création de nouvelles forces politiques pour l’alternative anticapitaliste .

