je trouve cependant la forme un peu incantatoire, et péremptoire: On peut répéter "il faut" à toutes les lignes, on pourrait également ouvrir quelques pistes pour essayer de répondre à "comment?".
Quelques formules contestables sont affirmées comme des évidences "/(..) Tous les gouvernements se lamentent sur la crise écologique. Pourtant la commission européenne n’a qu’une influence très marginale sur les choix urgents à définir et à mettre en œuvre ." ??? /Que voulez-vous dire quand vous écrivez "influence très marginale"? Au regard de l'enjeu planétaire? Parce que la commission serait soumise à des institutions élues ? Lesquelles ? A moins que vous ne fassiez référence au pouvoir des lobbies industriels et financiers qui agissent pour la classe capitaliste ?
La campagne permettra, je l'espère, d'approfondir ce débat, mais je voudrais d'abord revenir sue cette question de l'unité car je trouve votre démonstration paradoxale, notamment quand vous vous appuyez sur l'expérience des régionales de 1998 !!!
Effectivement en 98, il y avait des groupes locaux, la LCR, les Verts, les régionalistes, quelques dissidents du PC, et les alternatifs. .. Pour quel résultat politique ? (dont le résultat électoral ne constitue qu'un petit élément : 2,55 % dans les Bouches du Rhône). Il me semblait que nous en avions tiré quelques leçons :
- 2+2+2+2 ne font pas toujours huit, pour paraphraser Daniel Fontaine
- la situation de décomposition politique était telle que l'unité ne se réaliserait pas par la simple addition de forces à la dérive.
- l'état politique des groupes locaux a éloigné la perspective d'une "reconstruction par le bas" passant par leur développement et leur association.
- le type d'unité réalisé aux régionales n'a fait que brouiller le message, sans constituer un espace de confrontation et de clarification, sans ouvrir la moindre perspective politique. Les facteurs de division n'en ont été que plus forts à l'issue de l'élection... Et nous n'avons fait rêver personne.
La victoire du Non au TCE a pourtant redonné des ailes aux apôtres de l'union de la gauche... de la gauche : de la LCR à... Vauzelles, Fabius... Chevènement...
Et nous voilà repartis en 2007 sur les mêmes rails, une unité de conjoncture non dénuée d'arrières pensées. Pour moi ce fût la goutte d'eau! Il faut sortir de cette spirale d'échecs où l'on continue à s'affaiblir en voulant être plus forts. Le spectacle est si désolant que je trouve dérisoire d'essayer de faire de la LCR le bouc émissaire de la désunion (à égalité avec le PC???): "/les présidentielles de 2007 ont fini par butter sur la volonté du PCF et de la LCR //d’en découdre électoralement, chacun sous sa bannière."
/En 2007, un peu de lucidité et de clarté politique ne firent pas de mal. Merci à la LCR pour la leçon. Avec la constitution du NPA, une petite étape a été franchie dans le processus de dépassement. A peine sortis de la couveuse, nous ne pouvions pas prendre le risque de brouiller le message. L'enjeu déborde du cadre du débat sur les institutions européennes, nous devons occuper les tribunes électorales pour ouvrir une nouvelle voie, internationaliste, et contribuer à démarginaliser l'idée révolutionnaire.
La LCR a disparu, le NPA émerge doucement, et Bové avec Cohn-Bendit, Buffet avec Mélanchon, Laguiller avec... Artaud, la Fédération avec ses yeux pour pleurer parce que le PC n'en veut pas, les alternatifs avec Ballon Rouge pour jouer les arbitres et siffler les penalties... Pensez-vous vraiment qu'il faille consacrer tant d'énergie au retricotage de tout ça ?
Il n'y a pas de front de gauche, il y a une alliance entre le PC et le PG. Le problème que posent les relations avec eux, ce n'est pas seulement que ces partis fabriquent de l'unité à géométrie variable en fonction de leurs intérêts électoraux, ce n'est pas non plus parce que leurs leaders ont été des acteurs loyaux du gouvernement Jospin et que dans de nombreux exécutifs ils continuent à être complètement soumis au PS... Le problème essentiel se pose quand nous feignons de ne plus voir que les leaders de ces partis pratiquent depuis très longtemps la collaboration de classe et qu'ils n'en tirent aucune leçon : leur horizon s'arrête aux frontières des institutions du système. Ils sont passés maîtres dans l'art du grand écart : on radicalise un peu le discours quand on est dans l'opposition mais on est beaucoup moins regardant quand on est aux affaires. Devons nous nous laisser tirer vers le bas au prétexte qu'ils auraient conservé la confiance d'une partie des travailleurs? Bien sûr que nous connaissons tous des militants sincères et des élus courageux, il ne faut pas leur fermer la porte, il faut poursuivre le débat. Le NPA a proposé un cadre de rassemblement unitaire. Nous ne devons pas nous laisser berner par la manipulation qui consiste à présenter les propositions du NPA comme des obstacles. Elles ne sont des obstacles que pour ceux qui pensent qu'un coup électoral les aiderait à rétablir le rapport de force pour quelques strapontins dans leurs futures alliances avec le PS.
Cela fait des décennies que le PC conduit des stratégies d’échec, autoritaire dans sa forme, réformiste et opportuniste sur le fond. C’est un comble de voir aujourd’hui toutes les forces progressistes condamnées à l’immobilisme parce qu’elles sont prises en otage par deux morceaux de l'appareil PC, d’un côté par l'appareil « officiel » qui n’a jamais opéré la moindre remise en question et qui n'a rien changé à ses pratiques, et de l’autre par des communistes "unitaires" encore plus opportunistes, qui ont besoin d'agréger de nouvelles forces (des Verts au Modem, comme à Aubagne) au service de leur longévité électorale. On ne va tout de même pas rejouer "l'union de la gauche" en rikiki... Si la première fois fût une tragédie, que sera la seconde ?
Jean-Paul Mignon du NPA (comité d'Aubagne La Ciotat)

